Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


jeudi 3 décembre 2009

Résister à l'irrésistible

L'étranger avait les lèvres minces et le corps élancé. La copine m'a téléphonée dans la soirée pour me donner rendez-vous en bas des escaliers. L'étranger m'a formulé son envie quand les portes se sont ouvertes. Je suis sortie trop vite les joues en feu et je suis retournée d'où j'étais venue sans me présenter. Je me suis étendue sur un lit qui n'était pas le mien. J'ai longuement fixé le plafond à tenter de comprendre, combien de fois encore saurais-je résister à l'irrésistible? J'étais seule au centre d'une rivière de possibilités à me prédire une vie bien rangée satisfaisante.

Mais l'amour devient parfois synonyme de complications, de concessions et d'inaction. C'est alors que l'amour devient long. Lorsqu'il tombe trop lourd comme une coupe oubliée et qu'il devient d'une effrayante neutralité. L'amour censure aussi par une série de regards sur l'autre, d'intentions qu'on se donne et d'interprétations. L'artiste se fait souvent hara-kiri pour s'acheter un moment d'accalmie.

Pourtant, quand je retrouve les étincelles de ses yeux et ses mains puissantes pour me tenir en toutes circonstances, je sais qu'il n'y a qu'ici l'instant et l'endroit pour m'abandonner. Entre les chuchotements des gens qui se parlent tout bas de l'incompréhension des relations, je saisi l'opportunité de vivre l'amour autrement qu'en récit d'aventures dont je suis l'héroïne. Je sors de moi le désir de tourner les pages et de sauter jusqu'au dernier chapitre pour ensuite revenir sur mes pas. Je tente de ne pas oublier les commencements dans mes périodes d'épuisement et de me souvenir de tous les détails qui font de moi la salope avec de la chance, la putain d'chanceuse. Je suis une femme heureuse.

Posted by Miss Klektik :: 12:42 :: 2 commentaires
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vendredi 20 novembre 2009

S'époumoner à ne rien dire

J'ai tout vu. Ta nouvelle tête qui contraste avec tes plus récentes chemises couleur gestionnaire RH. Puis ces vieilles bottines que tu traînes depuis toujours, tu les as trimbalées jusqu'à Manhattan. À quelques coins de rues, je n'ai pas cessé de t'espionner. Chaque fois que je passe devant l'appartement, je regarde ce qui pend aux fenêtres. C'est plus fort que moi, il y a une partie de ma sensualité que j'ai à jamais laissée chez toi.

Je ne sais plus reconnaître le bonheur autrement que dans la libération extrême de mes phalanges cassées qui se débattent sur un clavier à peine usé. L'écriture est mon vaisseau et il m'éloigne des autres. Je me prends subitement pour une version rajeunie de Diane Dufresne me voyant non pas en marge qui donne l'étrange impression d'immobilisme, mais toujours en parallèle.

Il n'y a pas d'étoiles dans mon ciel urbain, que des lumières éphémères aux nuances peu remarquées. Je me souviens de tes mains trop tremblantes pour retenir quoi que ce soit. Il fut un temps où je t'aurais répondu autrement.

Je conserve la sensation du froid entre mes cuisses et je me préserve de toi par l'image 2D de l'assassiné, pour me payer le luxe d'une vie alors que tu croquais ta pomme à pleines dents.

Tu reviens toujours d'instinct dans mes pires moments de faiblesse. Quand je doute de mes choix, de les directions entreprises et de tout l'invisible imprononçable que l'on porte sans réserve comme un vêtement de tous les jours. Je n'ai qu'une certitude, celle d'écrire jusqu'à la mort, même si je paie mon art d'un silence de bronze qui en fait couler quelques uns.

Posted by Miss Klektik :: 23:47 :: 3 commentaires
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A girly pause

Quand la sonnette retentit, je n'étais pas habillée. Les longs congés et la recherche d'emploi en ligne ont toujours une mauvaise influence sur ma motivation à me vêtir le matin. J'ai tapoché un mot ou deux sur mon clavier et j'allais répondre avant que l'improviste se fasse entendre une seconde fois et réveille l'amoureux qui ronflait paisiblement.

Le souriant coursier qui m'attendait patiemment de l'autre côté de la porte m'a remis un sac qui contenait une panoplie de produits Pantene Pro-V. Évidemment, on ne m'a pas envoyé cela par hasard. On m'a contacté pour les essayer. On ignorait alors que j'avais décidé de mon plein gré de ne plus utiliser ces produits depuis un bon moment déjà.

Ma coiffeuse m'a expliqué un jour que les produits Pantene déposent une fine pellicule sur le cheveu qui fait que ce dernier se ferme et complique la coloration par la suite. Ne portant pas la couleur naturelle depuis l'été de mes quatorze ans, j'ai préféré m'abstenir. Je navigue donc entre les produits choisis au gré des saisons et des humeurs qui ont un fort impact sur l'achat compulsif.

À ma dernière visite chez ma coiffeuse adorée, juste avant la réception de mes produits Pantene, j'ai appris qu'une nouvelle gamme de produits de coloration pour rendre mon rouge plus rouge devait arriver dans environ 6 semaines. Comme cette nouvelle couleur intense nécessite une décoloration partielle avant son application, c'était alors le moment opportun pour retomber dans les produits Pantene.

Produits testés
Shampoing avec cristaux liquides Expressions Red
Revitalisant Volume Exubérant
Fortifiant soin léger sans rinçage en atomiseur
Sérum Lisses

Je craque définitivement pour le Shampoing avec cristaux liquides Expressions Red. Sa texture et son odeur me conviennent parfaitement. Je n'ai pas noté de différence quant à la longévité de ma couleur ou son intensité, mais mes cheveux sont définitivement plus soyeux qu'avec les produits L'Oréal que j'utilisais dernièrement.

Le Sérum Lisses est efficace, mais n'arrive pas à bout de mes pointes rebelles. À ce niveau, je préfère le gel défrisant si lisse tenue extra de TRESemmé.

Les produits de la gamme volume exubérant ne me plaisent pas. Pour une fois, on peut se fier à l'adjectif qui décrit le produit.

Je compléterai l'essai avec une visite chez la coiffeuse mi-décembre qui devrait m'informer de l'impact de l'utilisation de ces produits sur mon cheveu.

Posted by Miss Klektik :: 09:21 :: 2 commentaires
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jeudi 12 novembre 2009

Reality check

Quand la pessimiste devient outrageusement optimiste, on parle d'insouciance. L'insécurité me guette, mais je balance mes pieds au dessus du vide avec une assurance déconcertante. Je respire enfin malgré les atteintes de méfiance.

Je dois créer sous une pluie d'obligations de lesquelles je ne peux me dégager: Iphone, Fashion Television, le loyer et la facture d'électricité. Comme si leur énumération ferait en sorte que je retrouverais la raison.

Entre les mots qu'on avoue et ceux qui percent l'oeil d'un véritable poignard, il y aura toujours un monde assujetti aux interprétations. Une fois de plus, le désir change sauvagement de visage. Le temps creuse un fossé duquel je veux m'éloigner de peur d'y tomber.

Je refais ma vie à petits pas. Aujourd'hui, je retrouve le sourire sans comédie et je n'ai plus envie d'en finir.

Posted by Miss Klektik :: 16:53 :: 4 commentaires
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lundi 9 novembre 2009

5 year plan

C'est aujourd'hui que j'ai tout laissé tomber. Tout ce que mes mains maladroites souhaitaient retenir alors que je jonglais avec les pousses d'un jardin que j'ai tenté d'entretenir pendant la courte période estivale. C'est une bonne chose, vous savez. J'ai quitté par la grande porte sans préavis ni escorte. Je me suis enfuie passé midi en me promettant de ne pas finir ma vie ici là-bas alors que j'accélérais une fois de plus le pas. Ce n'est que cette promesse qui, dans le regard d'une mère, m'a permis de marcher le long du boulevard plutôt que sa largeur.

Je rêve maintenant de faire du 9 à 5 dans un sex shop à une distance de marche de mon domicile. Ressortir mes talents de vendeuse forts enfouis dans ma noirceur pour faire tournoyer les bouts mauves et roses aux designs de dauphins et de pieuvres. Je m'imagine conseillère aux grosses boules ou alors préposée aux accessoires, servir les Mélodie et Panique de mon île, la bouche en coeur. Je pourrais peut-être même être payée le minimum pour faire claquer une paire de fesses rebondies.

Je n'ai pas de vision d'avenir si ce n'est que l'essai et l'expérience. Comment dire autrement que le désir d'écrire fini toujours par me gagner et m'engager dans les voies les plus obscures? Mes aspirations sont ailleurs, loin de ce que l'ordinaire m'offre. Pourrait-on seulement me contraindre dans la compréhension de mon indifférence pour les stratosphères?

Je cherche à nouveau, l'endroit idéal pour me refaire une vie ailleurs. Petit oiseau cherche nid douillet pour apprendre à voler. Rêve de neige et de rochers.

Posted by Miss Klektik :: 22:07 :: 6 commentaires
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dimanche 8 novembre 2009

Elle est morte

Une autre mort, encore plus violente. Pourtant, davantage éloignée de ma personne. Une mort passée de laquelle j'arrivais si bien à ne ressentir que les émotions polies.

Je ne sais pas combien de gens l'ont vue le sourire trop large après quelques verres. Elle s'accrochait à l'homme que j'aime pour lui parler dans le creux de l'oreille comme d'autres me l'ont fait. Il n'y avait aucune compétition pourtant. Dans le sourire qu'elle me renvoyait, il n'y avait aucune menace. Je détournais le regard avec courtoisie en la laissant chercher cette chaleur auprès d'un autre humaniste comme elle. Puis, de mon côté, j'allais m'enfuir dans tous les symboles des multiples femmes que j'ai été. Ce n'était en fait qu'un acte égoïste de ma part.

Au centre d'un déroulement d'images en continu, j'ai été prise d'un soudain vertige. Ses multiples sourires d'une grandiose puissance traversaient les toiles sur lesquelles ils étaient accrochés. Elle semblait n'être jamais seule, mais pourquoi me donnait-elle l'impression d'une intense solitude dès qu'elle absorbait quelques onces d'alcool?

Alors que certains commentaient les images comme l'on raconte l'histoire de nos photos de voyages, je me voyais imposteure. Étais-je vraiment à ma place, ici, entourée de véritables amis? Je n'avais en fait qu'une entente non verbale avec elle et quelques mots échangés pour justifier le principe.

J'ai craqué. J'ai pleuré sa mort pour la première fois. Je suis partie le pas rapide pour que les autres invités ne voient pas mes larmes couler. Puis j'ai retrouvé ce qui me reste d'elle dans mon foyer pour lui dire ces quelques mots qui n'ont jamais eu l'occasion d'être prononcés.

Posted by Miss Klektik :: 10:57 :: 0 commentaires
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samedi 24 octobre 2009

Début de week-end

J'ai enterré le mensonge et avec lui, délaissé temporairement l'espace qui anime ma mythomanie. Pourtant, le vrai ne s'écrit pas autrement lorsqu'on cherche à défier les conséquences à l'intérieur d'une transparente réalité. Je ne voudrais pas écrire l'amour ou ses dérivés qui mènent invariablement vers d'étranges futurs imparfaits. Aujourd'hui, je voudrais seulement m'allonger et oublier la proportion du temps où les gens comme moi doivent prétendre être autrement.

Je ne serai jamais plus banlieusarde après avoir vécu la ville sur Sainte-Catherine et sur Ontario. Étrangement, la différence régionale m'apparaît davantage comme une insignifiance pour laquelle je cultive un fort sentiment d'intolérance. Pourquoi trois chiffres influencent-ils autant le développement de la pensée? Pourquoi ces chiffres se dressent entre les autres et moi et m'empêchent de composer la moindre parcelle de réelle proximité?

Je rêve de mois cachés où je pourrais m'enfouir dans un désir obsessionnel. Je voudrais m'enfuir de cette vie obligée et retrouver ce sentiment d'antan sans compter les heures ou le matériel nécessaire pour nourrir cet amour démesuré.

Posted by Miss Klektik :: 12:49 :: 5 commentaires
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samedi 10 octobre 2009

Pluie

Oh, mais jamais ces mots ne seront présentés autrement. Je les gardais pour moi, d'un commun accord, comme tu gardais jalousement tous mes travers. Tu fermes les yeux sur ma féminité débraillée et je ferme les yeux devant ton sexe gonflé. Parfois, quand la force de jouer est assez grande, j'ose t'affronter d'un regard dans l'intimité. En fait, je ne sais pas vraiment comment on fait autrement. L'amour se joue comme une pièce de théâtre maintes fois répétée. L'amour se joue de nous alors que le monde tourne flou. L'amour m'emmerde et ne devrait pas servir aussi bien la torture alors que la solitude pèse jusqu'à l'écrasement des organes vitaux. C'est la douleur ou la mort alors que l'on nous vante une vie de choix.

La marche est ronde et la destination n'est qu'un cercle au milieu d'un infini prédéfini. C'est l'enfer des gens qui sans cesse se remettent en question et se demandent ce qu'ils ont fait pour toujours aussi bien tourner en rond en croyant que la scène changerait. Ce n'est qu'une question de décor, d'objets et de petites altérations. Ma féminité s'éloigne doucement de ton désir pour saisir les effluves d'un amour dépassé. J'essaie de rattraper le temps. Dans un élan de contradiction, j'ai pensé que je pourrais faire comme d'autres.

Posted by Miss Klektik :: 21:32 :: 6 commentaires
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