Le Monde de Miss Klektik - Part Deux


dimanche 12 juillet 2009

Drunk post

Fin de soirée arrosée. Ma solitude s’amplifie sous les cris des voisins qui crient faussement les chansons des autres. Cette vie de couple menée à l’envers est à la fois ivresse et tristesse. Tous mes sons, même les discrets de mes plaintes quasi-silencieuses, trouveront toujours un écho en deux couleurs.

Je traîne ma bouteille de scotch partout où je vais. Parfois, je me demande si je n’ai pas de légères dépendances alimentées par les soirées trop tranquilles et puis celles qui ne le sont pas assez. Les matins sont durs, mais j'ai quelques couleurs de l'arc-en-ciel dans ma pharmacie, une bonne dose de philosophie urbaine.

Je ne ferai pas toujours le deuil de mes samedis soirs. Je retourne un pas en arrière le temps d’écrire un embryon de projet. Tout bouger de l’intérieur pour provoquer l’inspiration et pousser plus loin la satisfaction. Jouer le jeu jusqu’au déclin de soi, s’enfuir le corps et l’esprit dans un univers qui touche aux extrêmes. Le chaos est d’une rare beauté et le désordre m’ébranle. Mon esprit s’assume à tanguer entre l’illusion et l’évolution. Difficile de décrire le bien que j’en retire. Le plaisir coupable d’écrire se fait toujours plus pressant et envahissant. Je crois avoir trouvé comment l’aimer mieux, comment l’aimer plus.

Posted by Miss Klektik :: 00:35 :: 1 commentaires
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mardi 7 juillet 2009

Mes anciens amoureux

Je conserve certains anciens courriels de vieux amoureux. Parfois, comme ce soir, j’aime y puiser les sentiments qu’ils évoquent chez moi. Comment je me sentais jadis, pourquoi certains choix s’opposaient à moi. Certains pourraient croire que j’entretiens là une relation malsaine avec des histoires demeurées ouvertes, une toile collective pour une âme esseulée. En fait, c’est que j’aime revenir à ces instants précis. Les photographies finissent par changer de couleurs et les souvenirs s’abiment avec elles. Les courriels laissent une empreinte précise d’un temps passager que l’on aura décidé de ne pas conserver.

J’aime écrire sur les hommes et les femmes de ma vie, ceux qui ont signé mon existence et ont contribué à me forger une identité par l’imposition de leur présence. J’aime continuer de les aimer, différemment et sans désir, pour ce qu’ils ont été et ce qu’ils s’entêtent à demeurer. J’aime les apprécier pour leurs grandes forces et leurs petites faiblesses, pour leur amitié et leur capacité de tout donner à ceux qu’ils choisissent d’aimer. Les gens que j’aime font souvent dans la démesure.

J’aime que ces gens soient près de moi parce que personne ne me connait autant qu’un ancien amoureux. Même s’ils se trompent parfois dans les choix d’accessoires quand vient le temps de célébrer une occasion ou qu’ils soient maladroits dans leur façon de dire ou de ne pas dire les choses, ils savent qu’avec moi il n’y a que l’intention qui compte.

Ces gens que j’ai aimés, je les aimerai toujours. Jamais autant que moi, jamais autant que l’instant présent. Toujours différemment. Est-ce que ça fait de moi une humaniste?

Posted by Miss Klektik :: 21:50 :: 5 commentaires
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dimanche 5 juillet 2009

Red hair

Un peu de burlesque sur les cheveux et je retrouve ma douce légèreté. Celle décrite dans les romans de voyages, qui passe indubitablement par la quête de soi. Quelques fois, on se perd dans les discours des autres, on oublie ce qu’on est vraiment sur la scène. Pour les autres, toujours en gardant en tête le regard que les autres portent sur soi. Surtout, ce qu’ils en font avec leur philosophie improvisée et leur école de hauts quartiers.

Sur la chaise en cuir qui avait perdu toute stabilité, je me rappelais Acquelin, Hamelin et Duguay. Leurs bons mots à l’égard des miens alors que je n’avais pas encore célébré mon passage dans le monde des grands. J’étais des leurs en leur montrant la dualité de mon être, ces constantes batailles de l’intérieur. Ce que je cherche à cacher et à taire dans un univers qui n’a de moi que ce que j’en crée.

Mes racines décolorées, je me suis sentie délivrée. Départie d’une image qui traînait par habitude, d’un vieux désir de me coller à n’importe quel moule pour facilement intégrer les rangs, quel qu’ils soient. Je fais la paix avec ce côté de moi qui aura toujours envie de se démarquer, qui ne fera jamais comme on lui impose. Et pourtant, c’est maintenant un rose naturel que sur mes lèvres je dépose.

Posted by Miss Klektik :: 13:00 :: 6 commentaires
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lundi 29 juin 2009

To thine own self be true

Entre ce que je veux faire, ce que je sais faire et ce que le gouvernement me reconnait comme expertise, il y a tout un monde d’impossibilités.

«Bonjour, mon nom est mademoiselle K et je vous prierai de bien vouloir laisser sa chance à une pauvre drop out caractérielle. J’ai les compétences acquises et la dévotion innée. Je suis une autodidacte passionnée.»

Je suis pourtant prisonnière de mon incapacité à écouter les autres. Je suis dans une position immonde et mon code d’éthique devient tranquillement immoral. Je veux m'enfoncer dans cette rébellion souveraine le temps de reprendre mon souffle des discours difformes des bêtes solaires.

J’ai la fibre amicale étirée, déformée. J’ai légèrement perdu l’intensité d’écrire. Je voudrais faire quelque chose de grand, mais je dois une fois de plus m’émanciper. Ce regard vers un cheminement d’adolescence m’amène à des idées dogmatiques en ce qui concerne la coloration de mon univers. C’est une question de jeux d’ombres et de subtilités entre la volonté d’être et la soumission de soi. L’affirmation du petit moi écrasé sous les encadrements sectaires.

To thine own self be true,
And it must follow, as the night the day,
Thou canst not then be false to any man.
- William Shakespeare

Posted by Miss Klektik :: 21:25 :: 5 commentaires
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vendredi 26 juin 2009

Point de chute

J’avais à choisir. Répondre par écrit ou écrire ici. BIG s’est une fois de plus pointé dans ma vie. Vous avez vu? Enfin… Me voilà devenue Carrie 2.0, chroniqueuse urbaine, publicité grandeur nature en moins. Et lui, le gentilhomme névrosé, malgré tout, il m’apparait encore comme un dément charmant. Il voulait me raconter son bonheur, son success story. Il y a sûrement une femme à la poitrine généreuse derrière son sourire numérique puisqu’il avait déjà eu sa promotion la dernière fois qu’on s’était juré de ne plus jamais se rappeler. Notez ici la pointe de jalousie totalement injustifiée.

Je me souviens qu’il n’y avait que les melons pour lui redonner le sourire simple d’un enfant. Les yeux de la folie m’apparaissent des plus affriolants. Mais c’était aussi la descente infernale à tout coup, l’inspiration du cœur éclaté, mes textes préférés... Même dans ses silences, il savait me poignarder. BIG était aussi synonyme d’expérience et de liberté, de curieux mélange entre toutes mes personnalités sans jamais complètement me laisser aller. Tout était lent, savoureux. Même le soleil semblait prendre une éternité à se lever. Avec lui, il y avait toujours quelque chose de mesuré, de planifié car chaque regard posé sur autrui documentait son analyse. Et il n’était pas peu fier de ses critères comme l’actualité internationale. Alors que j’étais complètement indifférente.

Je ne répondrai pas à son invitation. Pas plus que j’en parlerai dans la vraie vie. J’écris ces lignes pour me libérer de cette nausée survenue à la lecture de sa requête. Je tremble encore à la vue de son nom. Moi aussi, en quelque sorte, je m’ennuie de sa présence. Pour chaque beau souvenir créé sur mesure comme dans un film ou une pièce de théâtre, il y avait la cruelle réalité. Les histoires pour petites filles devraient être illustrés en nuances de gris.

Posted by Miss Klektik :: 21:48 :: 8 commentaires
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dimanche 21 juin 2009

Confession d’une accro au scotch

Le vent s’époumone à l’extérieur alors je me permets de courir avec Jillian. Je tombe épuisée, l’exercice me saoule. Je retourne à mes hiéroglyphes. C’est que j’essaie aussi et encore d’écrire ailleurs un long quelque chose de vrai qui sonnerait juste assez faux. Une histoire où le je ne serais pas centrique pour un épisode de quelques centaines de pages.

Il y a un moustique qui est parti avec un bout de mon pied. La douleur était trop grande alors je me suis versé un scotch. C’est un bon temps pour appeler l’amoureux et lui demander de me lover jusqu’à ce que Morphée prenne la relève. C’est le moment idéal pour oublier que mes pensées sont ailleurs et m’empêchent de travailler.

Posted by Miss Klektik :: 22:38 :: 8 commentaires
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dimanche 14 juin 2009

La Familia

Je n’aime pas le morbide silence qui suit les remerciements d’usage après l’envoi de la carte postale. Je n’aime pas la famille. À quelques semaines de mon trentième anniversaire, j’ose espérer une célébration entre amis et connaissances plutôt que de jouer la comédie devant des étrangers qui n’ont que ma chair et mon sang pour se comparer. Peut-on respecter mon souhait d'anniversaire de rester loin de ceux qui m'ont reniée pendant les quelques années qu'ont demandé les démarches menant jusqu'à mon émancipation?

J’ai une tante aisée, une tante nympho et une tante alcolo. J’ai un oncle sur le BS, un oncle toujours défoncé, une tante dans une secte. J’ai une grand-mère qui fait tout pour conserver la famille unie. Jusqu’à parler à ce vieux mari polygame qui l’a laissée seule avec ses nombreux enfants. J’ai une autre grand-mère que je n’ai pas vue depuis mon vingtième anniversaire.

J’ai une mère qui refuse de me parler. Un soir, j’ai raconté sa mort à mon fils pour me calmer. Pour qu'elle ne puisse plus jamais revenir, je l'ai fait morte et enterrée. C’est tout de même étrange que ma génitrice me déteste tant alors qu’elle avait inventé mon existence avant ma véritable conception pour que son doigt porte fièrement un signe quelconque d’engagement. J’ai un père qui ne me connait pas. Je ne lui ai jamais dit que je travaillais comme masseuse au salon qu’il fréquentait. Il a cessé de me saisir le jour où il a arrêté de jouer avec mes seins.

Mais j’ai un amoureux pour qui la famille importe. Un amoureux avec une vie familiale saine et épanouie. Une belle-mère qui, au bout d’une semaine, nous dit qu’elle s’ennuie. De la marmaille bien élevée et sans histoire. Ils sont merveilleux. Pourtant, parfois, en fait souvent, je ne sais pas comment gérer tout ça quand l’envie de les fuir et de les ignorer se fait plus pressante que mes bonnes manières. J’ai le sourire forcé fatigué et l’envie de bannir de ma propre vie tout ce qui a un lien qui nous oblige à respecter.

Posted by Miss Klektik :: 22:15 :: 7 commentaires
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